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jeudi 10 janvier 2013

"Le Lion" de Joseph Kessel


Nouvelle lecture, à la fois dans le cadre du boulot (c'est une lecture que j'ai donnée à mes 5e) et dans le cadre du challenge ABC.

L'histoire
Dans le grand parc royal qui, au Kenya, s'étend au pied du Kilimandjaro, Patricia vit en toute familiarité avec les bêtes sauvages peuplant ce vaste territoire. Buffles, zèbres, gazelles ou guépards ont aussi appris à connaître la jeune enfant avec laquelle le lion King se transforme en gros chat débonnaire et caressant. Il est vrai qu'elle l'a recueilli alors qu'il n'était qu'un lionceau aveugle et sans défense. Mais le parc est traversé par les fiers guerriers masaïs. Et le plus orgueilleux, le jeune et vigoureux Oriounga, n'a qu'un rêve : affronter le grand Lion.

Mon avis
Ce qui m'a séduite de prime abord, c'est l'écriture de l'auteur. Fluides, les mots de Joseph Kessel glissent en nous comme un ruisseau, raison pour laquelle j'ai dévoré les pages de ce roman en moins de vingt-quatre heures. La beauté des mots choisis donnent le sentiment que ce roman est un long poème, mais c'est également un roman d'aventures. Le narrateur, à l'origine simple touriste, se laisse embarquer par une petite fille, qui lui fait découvrir la brousse et ses secrets les plus intimes. Il quitte les sentiers battus, ceux destinés à l'origine aux touristes, pour littéralement "partir à l'aventure" en compagnie de cette initiatrice insolite.
Le Lion, c'est également une tragédie. On ne nous dit pas comment l'histoire va finir, mais on sait qu'il y aura "un dénouement" ; c'est du moins l'intime conviction du narrateur. Plus encore, "cela finira mal", telle est la conviction de Sybil. Tragédie d'une enfant, qui n'aime pas le monde des adultes, à la manière du narrateur du Petit prince, mais qui devra bien devoir le connaître un jour.
Le Lion, c'est enfin une peinture du Kenya colonisé, d'un monde à la fois enchanteur et cruel. Magnifique d'aspect, mais terrible au-delà des apparences. Sybil ne s'y est pas trompée :

- Je comprends, je comprends, dit Sybil. Vous trouvez que c'est merveilleux ici. Naturellement... pour quelques jours... en amateur, en passant. Mais faites-en votre existence ordinaire et vous verrez. Moi aussi dans les premiers temps, j'allais partout avec John, et je trouvais à tout beauté, charme, aventure, poésie... Et puis, peu à peu, c'est venu.
La jeune femme n'avait pas besoin de nommer le sentiment à quoi elle faisait allusion. Il n'était besoin de voir que son visage. C'était la terreur.

En conclusion, je ne peux que vous recommander de lire ce livre, qui a rôdé des années durant dans ma bibliothèque, pour enfin m'illuminer tel une révélation. Un sans fautes.


20/20
Absolument immanquable

2 commentaires:

  1. Alors, il va vraiment falloir que je lise ce livre! :D Merci pour cet avis.

    Pauline,
    Entre Les Pages : http://areader.over-blog.com/

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